samedi 25 mars 2017

Pensées en vrac : La conscience.



Une matinée passée à faire des recherches sur la conscience.
Et me voilà perdue !
Il semble que, selon que nous soyons philosophes, psychologues, scientifiques, médecins ou poètes, la définition de cette curieuse chose soit différente.
Je souris.
J'adore que chacun d'entre eux soit, depuis des siècles, dans cette recherche, dans cette affirmation.
J'aime que certains se contredisent.
Et j'adore que chacun d'entre eux, comme chaque humain qui m'entoure (certains plus que d'autres) fassent avancer ma propre vérité.
J'aime que quelque chose qui soit de l'ordre de l'hyper-palpable comme la conscience, soit à la fois si floue et difficilement définissable !

Je crois qu'avant toute chose je dois me relier à ce qu'est, pour moi, l'expérience de la conscience pour tenter d'en faire ma propre définition.
Quand suis-je en conscience?
Comment cela agit-il en moi?

Il semble que la conscience soit, pour moi, dans l'immédiateté...
Ancrée dans le présent.
Et inséparable du ressenti, du sensible.

Conscience de mon corps, de la sensation de fraîcheur qui est présente dans mes orteils, de la chaleur dans la paume de mes mains, de l'activité de mes glandes salivaires, de la tension des muscles de mes épaules...
Immédiateté : présence des sensations.

Et dans l'immédiateté toujours : conscience de la chaleur des rayons du soleil sur ma peau, et de la douceur de l'air qui rend ces rayons plus chauds encore. Conscience du mouvement du monde dans cet instant présent... Et dans le mouvement, de la finitude des choses aussi...
De ces rayons du soleil qui ne seront pas identiques demain. De leur particularité, là.
De tout ce dont est fait l'instant et qui ne sera plus dans une seconde...

J'ai pensé, il y a quelques instants, que je ne visualisais la conscience que dans son infini espace, mais pas dans le temps.
Je réalise, en prenant conscience du mouvement du monde, en le ressentant pleinement, que la conscience peut également prendre place dans le Temps, sans pour autant qu'elle soit emprunte d'imagination.
Cette pensée me désarme.
Conscience de l'espace-temps?

La conscience, pour moi, c'est aussi cela.
Toucher du doigt, un instant, ce qui me semble une vérité universelle...
Une donnée du monde.
Et la voir disparaître l'instant d'après.
Sous tout ce qui fait mon être et le monde qui l'entoure.
Mes peurs, mes envies, mon imagination, le mouvement... 

Alors ma conscience serait-elle cet instant libéré de tout ce qui n'est pas essentiel?
Je ne sais pas.

Ce que je perçois, ce que je ressens, c'est que cette conscience devient, pour moi, un point d'équilibre.Une ponctuation.

Il m'est arrivé de vivre cette conscience comme un excès. J'en ai eu peur.
Peur qu'elle soit un frein à ma spontanéité, voire même qu'elle ne m'empêche d'être moi.

Et puis le temps passe (le mouvement du temps)...
Et l'expérience, l’expérimentation, la vie...
Et je ressens aujourd'hui la conscience comme partie intégrante d'un équilibre.
Me permettant d'alimenter mon imagination. La rendant fertile, ancrée, reliée.
Me donnant des clés pour mieux me connaître. Mais sans m'obliger à changer.
Un point de départ à ma liberté.
J'ai la sensation que ma conscience m'offre cette liberté d'être au présent, pour, ensuite, me permettre d'imaginer ce que je veux être.
Et alors qu'il n'y a pas si longtemps, j'opposais encore conscience et imagination, je relis aujourd'hui les deux pour former mon être.
J'avais confondu conscience et raison.
Prendre conscience était, en quelque sorte, perdre la folie, la liberté de mon existence.
Quelle erreur !
La conscience est sans jugement.
Et en cela elle m'a offert un accès direct, une voie royale à l'être que je suis, dans toute sa liberté d'être et de vivre.

"Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes toujours au delà. La crainte, le désir, l'espérance nous élancent vers l'avenir et nous dérobent le sentiment et la considération de ce qui est, pour nous amuser à ce qui sera." Montaigne. Essai I.3
 Et si, justement, la conscience nous permettait d'être "chez nous", tout en étant au delà?

La poète qui est en moi voit la conscience comme l'opportunité, sublime, de saisir tout ce dont est fait l'instant, pour m'en abreuver à souhait... Source d'inspiration. Ponctuation.

La philosophe qui est en moi perçoit la conscience comme un point de départ à la compréhension du monde, à son essence même, à certaines lois qui semblent le régir.Saisir le mouvement de la vie et s'y inscrire pleinement... Souplesse.

L'apprentie-sophrologue qui est en moi saisit la conscience comme une porte pour mieux me connaître. Un chemin vers ma liberté et vers ce qui fait de moi cet "être de projet" (Sartre). Une voie royale vers le "moi" et, à la fois, un pas vers l'autre dans toute sa singularité... 




"Une bonne conscience est une fête perpétuelle"  Proverbe anglais
J'aime beaucoup ce proverbe... Il me fait penser à la joie, pure, (la fête) que peut apporter la conscience des choses... 

"La conscience règne et ne gouverne pas" Paul Valery
J'aime cette notion de lâcher prise. Je suis consciente des choses, du mouvement du monde. Mais je choisis aussi de lâcher prise dans le mouvement...

"Une conscience peut toujours parler d'égale à égale à une autre conscience"
Le vivre, c'est, pour moi, ne plus pouvoir m'en passer... Dans certains de mes rapports aux autres.

"La conscience de la mort nous incite à vivre davantage" Paulo Coelho
Cette phrase me touche, mais je la mesurerais, face à ma propre expérience.
J'ai vécu longtemps avec, attachée à mon être tout entier, la conscience de la mort. Ce qui paraît fou, c'est que mon être physique tendait alors vers ce futur... Mon corps, déjà, semblait la sentir... 
Mais tout n'était en fait qu'imagination.
J'avais eu la conscience immédiate et violente de la mort, et mon imagination avait fait tendre tout mon être vers ce futur qui semblait être le seul possible.
Il l'est, bien-sûr. La mort est inévitable. Mais je ne peux pas avoir conscience de ma mort, puisque celle-ci, dans ses circonstances et dans son ressenti ou absence de ressenti, est imaginaire.
Ma propre mort ne serait faite que d'imagination?
Pour moi, il est impossible de vivre pleinement avec la conscience (j'entends là une pleine conscience, si celle-ci existe) de la mort... Elle est pour moi tellement prégnante qu'elle aspire avec elle beaucoup trop de ma force vitale.
Une conscience mentale, plus superficielle, (mais peut-on alors parler de conscience?) de la mort peut effectivement inciter à vivre davantage !

"Choix et conscience sont une seule et même chose" J.P Sartre
Je n'étais pas sûre d'être d'accord avec Sartre à la première lecture de cette phrase...
Et puis la vie...
Et si nous entendons par choix, le vrai choix, alors nous rejoignons la liberté de l'être que nous sommes et, c'est ce que nous offre la conscience...non?

"L'âme est conscience et respect avant tout, conscience de l'être, respect de l'être, avec ses composants : compassion, liberté, vérité"  Andrée Maillet.
...

Une bonne conscience m'a amenée à pouvoir jauger le dosage de conscience que je mets dans les différents moments de ma vie...
N'est-ce pas cela aussi, s'adapter?

Dans le choix des moments où je la laisse apparaître toute entière à moi.
Dans le choix des personnes avec qui je la partage...

dimanche 5 mars 2017

Mouvement...

"Things change. They always do, it's one of the things of nature. Most people are afraid of change, but if you look at it as something you can always count on, then it can be a comfort. "

Les arbres plient sous la fougue du vent...
Mes pensées suivent chaque feuille, chaque minuscule feuille.
Chacune se tourne et roule à un rythme qui lui est propre, et toutes, pourtant, forment un unique ensemble...
Chacune différentes, elles donnent un chemin singulier aux gouttes de pluie qui tombent sur leur peau...
Aucun arbre ne joue avec le vent de la même manière, aucune feuille, même accordée sur un unique souffle, ne fait glisser l'eau de la même façon...

Demain le vent sera différent.
Le souffle portera les arbres vers une autre danse, et chaque feuille, alors, sera vivante d'une autre sorte...

On est surs de rien, n'est-ce pas?
Voilà ma dernière certitude !
J'attends avec joie qu'elle soit balayée d'un revers d'encre un jour prochain !

Parce que le mouvement, parce que les saisons, parce que le vent...
Parce que mon corps et mon regard...
Parce que les choses changent. Elles changent toujours... 

Après la peur est venu le bonheur.

Le Bonheur de ne pas savoir.
La Liberté de faire.
Et la Légèreté de mon être, qui, comme le dit si bien Milan Kundera, peut parfois être insoutenable...
Je vis certains jours l'insoutenable et me demande alors, "que reste t-il?"
Cela laisse à ma vie un tel champ de possibles qu'alors je suis perdue...
Cette légèreté me semble parfois le vide absolu.
Je ne vis peut-être pas avec elle depuis suffisamment de temps pour l’éprouver dans toute sa profondeur sans qu'elle crée en moi, encore, parfois, un soupçon d'angoisse...

Mais la liberté, si chère à mon cœur, si chère à mon corps, m'anime tout à coup et reprend le pas sur ma peur.
Je suis libre !
Mes muscles tressaillent, mon sang se réchauffe, ma colonne vertébrale s'étire, mes poumons tout entier s'emplissent de ce merveilleux sentiment.

Quel plaisir !
De faire des choix.
Conscients.
Et de choisir parfois consciemment l'inconscience !

Choisir, décider, agir...
Tout en conscience du mouvement.
Choisir l'expérience.

Et puis, dans l'expérience : lâcher prise...
Accepter que je ne fais pas le choix de tout.
Accepter l'autre, dans toute la beauté de sa singularité.
Avoir décider de l'impulsion, sans toujours savoir où cela mène...Ni sans savoir ce qui apparaît... Sans maîtriser le temps...

Accepter de ne pas contrôler la pluie qui tombe sur ma peau, ni le vent qui souffle dans mes cheveux.
Accepter et ... aimer...
Aimer le contretemps des gouttes sur chacune des feuilles,  temporalité unique de chaque être... Qui, parfois, s'accordent...
Vivre la musique de la vie, simplement... Dans sa justesse et ses fausses notes...
Aimer, tellement, mes fausses notes, mes chutes, mes ratés et mes errances !

Choisir et lâcher-prise...
Profondeur et légèreté ...

Précaire équilibre.

Souvent, lorsque je le touche du doigt, c'est pour mieux le perdre quelques instants après, sous un clin d’œil de la vie qui semble rire du fait, qu'un instant, j'ai eu une certitude...

Alors que je pensais le savoir pourtant : tout change !


jeudi 2 mars 2017

Le pianiste

Les notes de piano virevoltent, dansent et trébuchent...
Sous tes doigts elle s'enchainent, se cherchent sans cesse, se touchent parfois, puis reculent et s'éloignent à nouveau.
Je les sens sous ma peau.
Folle course.

Je m'arrête avec toi dans les silences du ciel, ce soir.
Pause.
Soupir.

Puis de nouveau, allegretto, tu nous entraînes dans ta joyeuse danse.
Sous tes mains nous tournons
Nos corps t’appartiennent 
Croches, double croches... croches croches doubles croches...
Ronde.
Point de chute
Ou d'envol je ne sais pas...

Les notes de ton piano virevoltent, dansent et trébuchent...
Joue encore, joue s'il te plait.
J'aime voir tes bras penchés sur les touches emmêlées.
Harmonie.
Que l'image est belle !

J'aime voir ta douceur pour le passeur.
Celui qui te relie au Monde.
Qui semble te donner les réponses, les clés.
Les secrets de l'univers.

Pianissimo.
Tu pars vers l'ailleurs et tes doigts se fondent dans l'instant...
Nos cœurs battent encore la chamade de la folle danse que nous avons partagé.
Un lent et profond silence s'installe sur nos souffles
Résonance discrète

Le silence semble tout...

Tu attends.
Tu sais
Tu sais de quoi est fait l'Instant.

Et tu sembles savourer
Nos respirations saccadées
Nos esprits moites
Nos regards palpitants

Le silence s'installe.
Durable
Que j'aime ce suspend !

Ébouriffés, encore, de ce moment qui vient de se passer, nos mains se joignent.
Et alors dans cet applaudissement, ressens toute la folie que tu nous as offert.
Accueilles la chaleur de nos cœurs
Et vis la passion qui désormais nous anime.

Merci, Pianiste, pour les notes virevoltantes, dansantes et trébuchantes que tu nous as offert ce soir...
Elles m'accompagnent encore
Et j'imagine alors chacun, dans son foyer, vibrant de cette douce danse...
Là... tout au fond de leur corps.



lundi 20 février 2017

En attendant de lire à nouveau, je vis...

En attendant de lire à nouveau, je vis...
Je m'éveille le matin, regarde les ombres danser sur le plafond de ma chambre... il est tôt, souvent.
Je savoure ce moment. Le temps a une autre dimension dans ces moments là.
En quelques minutes seulement, plusieurs mondes s'ouvrent à moi.
Je peux choisir de me pencher sur ces milliers de soleils qui explosent...
Sur les rires de mon fils
Sur la joie du travail à venir
Sur la pensée des yeux d'un homme
Sur son sourire
Sur l'éclat des étoiles, la finesse d'un trait, la douceur d'une peau
Sur le plaisir
Sur la solitude, immense
Sur la liberté, vivante
Sur la légèreté de l'être
Sur ces ombres, là, qui dansent sur le plafond.
...

En attendant de lire à nouveau, je vis.
Je vous regarde et vous entend.
Je vous écoute avec attention
Je vous laisse enrichir mon quotidien
Mes voyages
Mes journées de travail
Mes pages d'écriture
Mes jours à venir
J'aime vos harmonies et vos dissonances, j'aime vos passions,
J'aime quand votre voix vibre de cette folle vivance
J'aime que vous ne vous aperceviez pas toujours de la différence
...

En attendant de lire à nouveau, je vis.
Je marche sans cesse, mes poumons se remplissent et se vident, mon souffle glisse, mes muscles s'étirent, mon corps s'articule
Mon cœur bat
Je conduis, joyeuse de voir, devant moi, les paysages devenir.
Je ris de l'absurde, de la folie, de moi
Je pleure devant la beauté, devant l'inattendu et l'immensité du vide
J'ai peur
J'ai froid
J'ai chaud de tes bras autour de moi...
J'apprends, désapprends, entreprends,
J'accueille

Et j'écris...

En attendant de lire à nouveau, je vis...






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